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BATEAUX
Picaro c'est le nom de notre bateau. Le Picaro est une péniche hollandaise, du type généralement appelé en France 'trente-huit mètres'. Ce nom vient de ses dimensions : environ 38,50 m de longueur sur 5 mètres de largeur. Souvent on dit aussi 'type Freycinet' d'après le ministre des Travaux Publics qui a, au 19 ème siècle, fixé le gabarit des voies navigables françaises. Aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne, on appelle ce type de bateau 'spits', ce que signifie 'pointu'. C'est en fait un nom mal choisi, parce qu'un '38m' n'est pas pointu du tout, au contraire il a des extrémités massives, afin de pouvoir transporter autant de marchandises que possible pour des dimensions conditionnées par les écluses. 'Picaro' est un jeu de mots en néerlandais, dans notre langue ce mot espagnol se traduit par 'spitsboef', ce qui veut dire 'filou'.
DONNÉES DU BATEAU
DISTRIBUTION
LA CALE
LA MARQUISE
LA SALLE DES MACHINES
TYPES DE BATEAUX
FORMATIONS
CHIFFRES ET LETTRES
'DEVISES'
PAVILLONS
AUTRES SIGNALISATIONS
DONNÉES DU BATEAU
| Longueur
38,70 M
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Port en lourd maximal 368 Tonnes
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| Largeur
5,07 M
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Cubage
de la cale 430 M³
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| Tirant
d'eau vide 0,51 M
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Tirant
d'air à vide 4,5 M
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| Tirant d'eau chargé 2,52 M max
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Tirant
d'air chargé 3,5 M
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| Moteur
Doosan 360 CV
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Année
de construction 1964 (Boom, Belgique)
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DISTRIBUTION
Le plus grand compartiment d'un bateau, destiné à recevoir les marchandises, est la cale. La cale est couverte par des écoutilles en aluminium. Il y a plusieurs types d'écoutilles. Derrière la cale on trouve la cabine de pilotage et le logement et, en dessous, la salle des machines. Tout à fait à l'arrière, et à l'avant, du bateau, il y a des pics, compartiments étanches pour la sécurité en cas de collision. En outre on trouve souvent, à l'avant, un petit logement et une deuxième salle des machines pour un groupe électrogène ou un propulseur d'étrave.
LA CALE
Si des bateaux plus grands ont souvent plusieurs cales, les trente-huit mètres n'ont en général qu'une seule cale. La longueur de la cale est souvent partagée en deux par une cloison de ballast d'environ 1,50 m de haut. Cette cloison permet de ballaster (remplir avec de l'eau du canal) la moitié arrière de la cale, pour enfoncer l'arrière du bateau, afin de pouvoir passer à vide sous des ponts bas. Des poutres transversales, dénommées overgants, assurent la rigidité de la coque. En fait, un bateau se compose d'un squelette, formé par les clans, couvert par une peau, la bordaille. Dans la cale, les clans sont apparents. Sur les clans de fond est posé un plancher (double fond), qui peut être en bois ou en fer. La partie la plus haute de la cale est moins large, créant à l'extérieur des plats-bords, sur lesquels on peut marcher de l'arrière à l'avant du bateau.
LA MARQUISE
La timonerie est appelée 'marquise' par les mariniers. Construite en panneaux de bois ou d'aluminium, elle doit parfois être démontée ('démarquiser') ou baissée pour passer des ponts trop bas. Dans la cabine de pilotage il y a tous les instruments indispensables à la navigation, et d'abord la barre. Le volant de conduite traditionnel ou 'macaron' est de nos jours souvent remplacé par un système de timonerie assistée, électrique ou hydraulique. Un bateau se dirige à l'aide d'un ou de plusieurs gouvernails, qui se trouvent derrière l'hélice. La position du safran détermine la direction, la quantité d'eau provoquée par l'hélice modifie la vitesse de giration du bateau. Manouvrer est une conjonction de gouverner et d'accélérer.
Sur le tableau de bord on voit outre l'accélérateur, toutes sortes d'interrupteurs, d'indicateurs et d'alarmes pour le moteur. Dans la marquise on trouve aussi l'appareillage destiné à la navigation, comme le compas, l'écran du radar et le sonar, et à la communication. La V.H.F (radio-téléphone) sert à s'annoncer aux écluses et à la communication entre mariniers. Pour la communication entre la marquise et le pont avant il y a un interphone. En plus la plupart de marquises sont équipées d'un téléphone GSM, pour les contacts professionnels et personnels avec la terre, souvent relié à un fax ou PC.
LA SALLE DES MACHINES
Au milieu de la salle des machines il y a un gros moteur diesel. Au moyen de l'arbre d'hélice le moteur actionne l'hélice, qui propulse le bateau. Un inverseur permet à l'hélice de tourner dans les deux sens, afin que le bateau puisse marcher en avant, en arrière, ou s'arrêter. En plus il y a dans la salle des machines un ou plusieurs moteurs auxiliaires, utilisés par les pompes et pour produire de l'électricité. On trouve ici aussi les batteries et les cuves à fuel.
TYPES DE BATEAUX
Aujourd'hui, le 'Freycinet' est avec ses 38,5 sur 5 mètres et environ 350 tonnes de port en lourd le plus petit type de bateau de navigation intérieure usuel. Un Campinois est un peu plus grand, 50 mètres de long sur 6,60 mètres de large, et peut charger environ 550 tonnes. Ses dimensions sont au gabarit des canaux Campinois, d'où vient son nom. Plusieurs types de bateaux portent le nom d'une voie d'eau ou d'une région déterminante, comme le type 'Canal du Nord' (57 x 5,70 m, 750 tonnes), le 'Dortmunder' (67 x 8,20 m, 900 tonnes) et le bateau du Rhin (80 x 9,50 m, 1350 tonnes). Un bateau dit 'Européen' mesure 85 sur 9,50 mètres et peut transporter 1500 tonnes. Les dimensions des plus grands bateaux de navigation intérieure actuels sont 135 sur 15 mètres, avec un grand tonnage de plus de 4500 tonnes.
Il va sans dire que le Freycinet est le vrai 'bateau européen' : les 38 mètres sont les seuls qui peuvent naviguer sur tout le réseau européen, de la Mer du Nord à la Méditerranée !
On dénomme aussi parfois des bateaux d'après les marchandises qu'ils transportent. Ainsi, il y a des sabliers, des pétroliers, des cimentiers, des porte-conteneurs, des transporteurs de voitures, des bateaux à palettes et… à passagers. Les bateaux peuvent aussi être appelés d'après leur aménagement : bateau-citerne, unité ro-ro (roll-on roll-off).
FORMATIONS
Il y a aussi des bateaux sans moteur, des bateaux remorqués (en général habitables) et des barges poussées (non habitables). Ces bateaux sont propulsés par des remorqueurs ou des pousseurs, ou par un 'automoteur'. De nos jours, on voit plus de poussage que de remorquage. Un convoi de deux 38 mètres du même propriétaire est souvent appelé un 'pousseur'. En plus des formations en flèche (convoi remorqué ou poussé), deux bateaux peuvent constituer une formation à couple. On navigue parfois bord à bord avec un ami.
CHIFFRES ET LETTRES
Les dimensions et le grand tonnage d'un bateau doivent être affichés sur les den-bords, ainsi que son numéro européen. Presque tous les bateaux de navigation intérieure ont un tel numéro officiel, qui révèle son pays d'immatriculation (d'origine). Un numéro qui commence par (0)20 à (0)33 indique qu'il s'agit d'un bateau néerlandais, (0)18 est français, (0)60 belge etc . Sur beaucoup de bateaux on trouve aussi le 'matricule' (numéro du certificat de jaugeage) qui se compose de deux lettres (ville) et de quatre ou cinq chiffres. En outre, sur chaque bateau doivent être notés le nom de son propriétaire, celui de son port d'attache et bien sûr sa 'devise' : c'est à dire le nom du bateau.
'DEVISES'
La devise est un choix personnel, le plus souvent très étudié , du propriétaire. L'un dénomme son bateau d'après un parent cher ou un personnage favori, l'autre compose un nom à base d'initiales. D'autres préfèrent une appellation comme Progrès, Confiance ou Liberté. En plus des noms en latin, aujourd'hui on voit de plus en plus de devises en anglais. Certains choisissent un nom humoristique. Les dénominations de poissons, des vents… tout ce qui a un rapport avec l'eau ou la navigation est aussi populaire. Chez certains armements tous les bateaux portent le nom d'un château, d'un fleuve ou d'une ville, mais on peut aussi simplement ajouter un chiffre à un nom (de compagnie). Certaines familles de bateliers utilisent aussi des devises cohérentes. La devise est (obligatoirement) inscrite sur chaque bord avant et sur l'arrière du bateau.
PAVILLONS
Beaucoup de bateaux de navigation intérieure portent leur drapeau national, mais ceci n'est pas obligatoire. Les pavillons de courtoisie ne sont pas usuels dans la navigation intérieure. Au mât on bat le plus souvent le pavillon de son groupement, son affréteur, son armement, son assurance, son organisation professionnelle, son chantier ou sa station-service. Ces pavillons servent comme publicité, pour montrer à quel groupement on appartient et aussi pour pouvoir voir de quel côté souffle le vent. Pour les fêtes, comme un mariage ou un 'pardon de la batellerie' tous les bateaux sont décorés avec des drapeaux. Beaucoup de mariniers ont toute une collection de drapeaux.
En outre, il y a les pavillons de signalisation. Un drapeau rouge indique le droit de passage prioritaire aux écluses d'un bateau à passagers. Par un drapeau blanc on demande à être ravitaillé en eau potable. Un drapeau rouge et blanc veut dire''passer à vitesse réduite', par exemple en cas de travaux.
AUTRES SIGNALISATIONS
Autrefois il y avait aussi des pavillons bleus. Aujourd'hui on utilise un panneau bleu avec une bordure blanche (et un feu scintillant) pour indiquer qu'on veut croiser un autre bateau du mauvais côté du chenal ('gauche-gauche'), par exemple pour le courant ou pour entrer dans une darse à gauche.
Les feux de signalisation se composent de feux de côté, de mât et de poupe. Les feux de côté (vert à tribord et rouge à bâbord) sont visibles pour les autres bateaux situés à l'avant et sur les côtés. Les feux de mât (blancs) sont visibles de l'avant et partiellement des côtés. Les feux de poupe (blancs aussi) se trouvent sur l'arrière du bateau. Pour pouvoir correctement interpréter le mouvement et la nature d'un autre bateau ou d'un convoi, de nuit, la position et le nombre de ces feux sont prescrits très précisément par la réglementation. Un convoi poussé par exemple, doit porter trois feux de mât disposés en triangle.
Feux et cônes bleus signifient qu'un bateau transporte des matières dangereuses.
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